Retrouvez toutes l'actualités No Code

Le No Code permet-il un digital inclusif et démocratique ?

Stanislas Verjus

La révolution digitale lancée par le No Code aurait-elle un impact politique fort ? Pouvons-nous imaginer la puissance démocratique et inclusive d'un outil permettant à chacun.e de faire des sites web / des applications mobile et autres outils en ligne? Quoi de plus inclusif que le No Code ? Quelle technologie ou révolution a pu permettre à chacun de pouvoir construire et créer sans limites ? Ces questions-là doivent être posées. Elles sont même essentielles car l'inclusivité propre au No Code en est aussi un de ses piliers. Offrir de nouvelles compétences facilement c'est bien, mais les offrir à tous, simplement, c'est encore mieux.

Le No Code politique

Abordons, pour commencer, l'aspect politique du No Code que j'analyserai ici sous deux formes: son essence et son être. Pour son "Essence" je parlerai de la visée des outils No Code et j'aborderai l' "Être" à la lumière d’un cas d'usage récent et concret : le mouvement Black Lives Matters aux Etats-Unis.

Comprendre ici la notion d' "Essence" comme expression / mise en pratique de l' "Être".

L'Essence du No Code est d'offrir à chacun et chacune des compétences techniques jusqu'alors impensables. Dites-vous que vous êtes en mesure de développer des sites web, des applications. Vous me croyez ? On pourrait convenir que tout est politique, mais je ne m'aventurerai pas sur ce terrain et vous laisserez le soin de lire Marx à ce sujet. Je pense sincèrement que le No Code politique est une chance et se doit d'être mis en avant pour que ces outils soient démocratisés.

L'Être du No Code repose sur son usage et son utilité en cas de problème ou de Crise. Prenons le mouvement Black Lives Matters et l'importance qu'ont pu avoir les outils No Code pour la création de plateformes, de sites web et d'outils pour accompagner la lutte. Sur twitter on a pu constater des regroupements de No Codeur.euse.s pendant le mouvement pour offrir des solutions, je vous laisse consulter le thread twitter et les vidéos juste ici. On a pu aussi observer observer la naissance d’un nombre impressionnant de productions pendant la même période et je vous invite à regarder cette vidéo des copains de chez contournement parlant des "5 applis mobiles créées en no-code, avec Glide, face à la pandémie".

Le No Code démocratique

On peut se dire que l'aspect politique du No Code découle de son aspect démocratique mais je pense que ce dernier est plus subtil. En effet quand on parle de démocratisation on parle d'approche globale s’adressant à toutes et à tous et c'est justement avec cet axe que je souhaite aborder cette deuxième partie. Cette approche principale est son aspect émancipateur. Rendez-vous compte qu'avec le No Code, il est possible de donner accès à des compétences innovantes et nouvelles à tout le monde.

Je réussis à développer des applications, des sites web et autres, et pourtant je ne sais pas écrire une seule ligne d'HTML, de CSS, de C++ et autres langage informatique. Si je le fais, tout le monde peut le faire mais pas avec la même aisance, c'est pourquoi il existe des experts qui peuvent vous accompagner dans vos projets tels que Comovert. L'émancipation passe aussi par la formation et la transmission.

Je forme des étudiant.e.s à ces technologies et c'est toujours un grand plaisir de les voir au premier abord rejeter le No Code puis, après une session de formation, voir arriver des mails contenant des questions sur ces outils et enfin avoir leur retour et découvrir les projets réalisés avec Glide, Landen ou encore Zapier.

Cette émancipation est aussi présente lorsque l'association Article 1 me contacte pour former, aux outils No Code, ses jeunes entrepreneurs du programme Tous Entrepreneur.euse.s. Ou encore quand les copains de Contournement développent une application sur Glide pour l'association Banlieue Santés, #Enmodeconfine.

C'est peut-être ça la bonne tagline du No Code :
Toutes et tous entrepreneur.euse.s digitaux.

Le No Code inclusif

Le No Code se veut inclusif mais l'est-il vraiment ? Dans son essence on a pu voir qu'il s'ouvrait à toutes et à tous et permettait de donner des compétences à toutes et tous mais dans son être la réalité est plus complexe. On le sait les milieux tech sont souvent trop peu féminins et ce constat touche aussi l'univers du No Code, qu'on le veuille ou non.

C'est pourquoi pour ce dernier paragraphe je me suis permis de récupérer les témoignages, de deux femmes No Codeuse, issu de mon livre blanc. Je leur laisse la parole pour clôturer cet article. Je me suis d'abord entretenu avec Julie Leroy, Vice-présidente de l'association Genius Global : " Il y a trop peu de rôles modèle femme dans le no code. Quand tu regardes les principales start-up qui font des logiciels, c'est presque que des mecs. Et quand tu regardes la communauté No Code en France, c'est pareil. Je pense que si il y avait plus de femmes, que ce soit en formation mais surtout sur le devant de la scène, il y aurait plus de femmes dans le No Code. Après c'est aussi un ressenti dans la Tech en général, les femmes sont trop peu nombreuses."J’ai également discuté avec Kitty Roze, qui a travaillé dans la robotique et la domotique et qui est utilisatrice d’outils No Code depuis un an : " Il est clair que ce sont des outils très récents qui émergent en France depuis moins de 6 mois. Donc le peu de présence médiatique, du No Code, renforce la non-accessibilité par les femmes de beaucoup d’outils. Il faut vulgariser le No Code, pour favoriser un accès à toutes et tous. Les personnes qui sont dans le mouvement proviennent, en grande partie, du milieu ingénieur, start-up et Tech. Milieux qui sont déjà peu féminin donc on reste malheureusement dans les mêmes statistiques que les start-up Tech. Il faudrait découvrir le No Code sans même à chercher à le trouver, grâce à une grande présence Presse, Radio, Podcast, etc… Mais il faut impérativement vulgariser les outils et les processus car c’est un outil très émancipateur qui doit être pris en main par les femmes. Il faut créer l'opportunité de découverte du No Code. C'est moins un problème de genre/sexe, qu'un problème d'accessibilité".

Share twitter/ facebook/ copy link